Astrologie traditionnelle

Les heures planétaires

Douze heures du lever au coucher, douze du coucher au lever, et jamais soixante minutes. Chacune appartient à une planète, et la première du jour donne son nom au jour.

Le jour se coupe en deux, puis chaque moitié en douze. Une heure planétaire n'est donc pas une heure de montre : en juin, à Paris, elle dure une heure vingt le jour et quarante minutes la nuit ; en décembre, exactement l'inverse. Les sept corps s'y relaient dans l'ordre chaldéen, celui de leur lenteur apparente, et la roue repart au début dès qu'on arrive au bout.

La conséquence tient en une ligne, et c'est elle qui a survécu partout : vingt-quatre heures plus loin, la roue des sept ne retombe pas sur le même corps mais sur le troisième suivant. C'est de là que vient l'ordre de nos jours de la semaine, qui n'en a aucun autre. Samedi appartient à Saturne, dimanche au Soleil, lundi à la Lune : rien dans le ciel n'enchaîne ces trois-là, seule la table le fait.

Heures et seigneurs chez Vettius Valens et Paul d'Alexandrie ; dérivation de la semaine chez Dion Cassius ; reprise par Al-Biruni, puis par Agrippa et la tradition latine. La bibliothèque →

Les heures d'un jour, à un lieu

Une heure planétaire dépend du lever du Soleil : elle n'existe qu'à un endroit. Donne une date et un lieu, et tu auras les vingt-quatre créneaux à l'heure de la pendule de cet endroit.

Un autre lieu, par ses coordonnées

Latitude positive au nord, longitude positive à l'est. Les deux ensemble, sinon la ville l'emporte. Le fuseau ne change pas le ciel : il change l'heure qu'affiche la pendule, et la page te montre les deux.

Aucune naissance ici, aucune heure de naissance : le lever du Soleil suffit. Rien n'est enregistré.

Lieu calculé Paris Europe/Paris
Seigneur du jour Soleil Dimanche 08/11/2026
Lever
07:48
Coucher
17:19
Une heure de jour
0 h 47 min 35 s
Une heure de nuit
1 h 12 min 32 s
En ce moment
Jupiter Heure n° 1 de la nuit

Les douze heures du jour

Du lever, 07:48, au coucher, 17:19.

Les douze heures du jour
N° Seigneur Début Fin
1 Soleil 07:48 08:36
2 Vénus 08:36 09:23
3 Mercure 09:23 10:11
4 Lune 10:11 10:58
5 Saturne 10:58 11:46
6 Jupiter 11:46 12:34
7 Mars 12:34 13:21
8 Soleil 13:21 14:09
9 Vénus 14:09 14:56
10 Mercure 14:56 15:44
11 Lune 15:44 16:31
12 Saturne 16:31 17:19

Les douze heures de la nuit

Du coucher, 17:19, au lever suivant, 07:50.

Les douze heures de la nuit
N° Seigneur Début Fin
1 Jupiter en cours 17:19 18:32
2 Mars 18:32 19:44
3 Soleil 19:44 20:57
4 Vénus 20:57 22:09
5 Mercure 22:09 23:22
6 Lune 23:22 00:34
7 Saturne 00:34 01:47
8 Jupiter 01:47 02:59
9 Mars 02:59 04:12
10 Soleil 04:12 05:24
11 Vénus 05:24 06:37
12 Mercure 06:37 07:50

L'ordre chaldéen

Les sept corps de l'astrologie ancienne, rangés du plus lent au plus rapide à parcourir le zodiaque. C'est l'ordre dans lequel les heures se succèdent, et il tourne en boucle : après la Lune revient Saturne.

L'ordre chaldéen
Rang Corps Un tour du zodiaque
1 Saturne environ 29 ans et demi
2 Jupiter environ 12 ans
3 Mars environ 2 ans
4 Soleil 1 an
5 Vénus 1 an vue de la Terre, jamais loin du Soleil
6 Mercure 1 an vu de la Terre, plus près encore du Soleil
7 Lune environ 27 jours et un tiers

Le seigneur de chaque jour

La première heure après le lever appartient au seigneur du jour. Compte vingt-quatre crans dans l'ordre chaldéen à partir de lui : tu tombes sur le seigneur du lendemain. La colonne de droite le montre ligne par ligne, et c'est toute la raison d'être de l'ordre de la semaine.

Le seigneur de chaque jour
Jour Seigneur, et 1re heure 24e heure Lendemain
Dimanche Soleil Mercure Lune
Lundi Lune Jupiter Mars
Mardi Mars Vénus Mercure
Mercredi Mercure Saturne Jupiter
Jeudi Jupiter Soleil Vénus
Vendredi Vénus Lune Saturne
Samedi Saturne Mars Soleil

Vingt-quatre n'est pas un multiple de sept. C'est ce reste de trois qui fait avancer la semaine de trois crans chaque jour, et qui donne à nos sept jours un ordre que le ciel seul n'explique pas.

Là où les sources ne disent pas la même chose

Une table d'heures planétaires trouvée en ligne annonce presque toujours un seul jeu de règles, sans dire qu'il en existe d'autres. Il en existe d'autres. Voici lesquelles, ce que les sources en disent, et ce que nous retenons.

Heures inégales ou heures de soixante minutes
Les sources anciennes partagent le jour en douze et la nuit en douze, ce qui donne des heures dont la longueur change avec la saison. Plusieurs almanachs et logiciels modernes découpent à la place vingt-quatre heures de soixante minutes à partir du lever, parfois même à partir de minuit. Les deux méthodes ne coïncident qu'aux équinoxes, et l'écart dépasse vingt minutes par heure à la latitude de Paris en juin.
Nous partageons en douze, comme Valens, Paul d'Alexandrie et Al-Biruni. Les deux durées affichées au-dessus du tableau sont là pour que tu puisses le vérifier d'un coup d'oeil.
Le jour commence au lever, à minuit ou au coucher
La rotation des heures part du lever, et là-dessus les sources s'accordent. Mais le jour de la SEMAINE, lui, change de nom à minuit dans le calendrier civil et au coucher dans les calendriers juif et musulman. D'où une vraie divergence : le samedi à vingt-trois heures, les heures qui courent appartiennent-elles encore à la roue de Saturne, ou déjà à celle du Soleil ?
Chez nous le jour planétaire va d'un lever au lever suivant, sans se couper à minuit : les douze heures de nuit appartiennent au jour dont le lever les a ouvertes. C'est la lecture d'Al-Biruni, et la seule qui laisse les vingt-quatre crans tomber juste.
Deux ordres des sphères, et Ptolémée refuse de trancher
L'ordre chaldéen place le Soleil au milieu des sept, entre Mars et Vénus. L'ordre plus ancien, dit égyptien, le met juste au-dessus de la Lune, Vénus et Mercure passant par-dessus lui. Ptolémée rapporte les deux dans l'Almageste et dit que rien ne permet de choisir, ces corps ne montrant aucune parallaxe observable.
Nous employons l'ordre chaldéen, pour une raison qui se vérifie sur la table ci-dessus : lui seul, compté vingt-quatre crans par jour, produit la semaine que nous avons. L'ordre égyptien ferait suivre le dimanche d'un jour de Jupiter.
Ce qu'on appelle le lever
Le lever est tantôt l'instant où le bord supérieur du Soleil touche l'horizon, réfraction comprise, tantôt celui où son centre le franchit géométriquement. Quelques minutes séparent les deux conventions, et chacune des vingt-quatre heures s'en trouve déplacée d'autant.
Nous prenons le bord supérieur avec la réfraction moyenne, soit le centre du Soleil à cinquante minutes d'arc sous l'horizon : la convention des almanachs. C'est le même lever qui date tous les jours solaires du site, calculé du même temps sidéral que l'Ascendant, de sorte qu'un lever ne peut pas contredire un thème.
Pourquoi la semaine suit cet ordre : deux explications
Dion Cassius, notre plus ancienne source sur la question, en donne deux. La première est le compte des heures, celle de la table ci-dessus. La seconde compte de quarte en quarte dans l'ordre des sphères et arrive au même résultat par un autre chemin. Il rapporte les deux et ne choisit pas.
Nous montrons la première, parce qu'elle se démontre ligne à ligne sur une table. Ce n'est pas un jugement porté sur la seconde, dont le résultat est identique : ce qui est en jeu est la cause, pas la suite des jours.
Les noms d'anges attachés aux heures
La tradition latine, d'Agrippa au Heptaméron, donne à chaque heure du jour et de la nuit un nom d'ange, différent selon le jour de la semaine. Ces listes varient d'un manuscrit à l'autre et d'une impression à la suivante, sans qu'aucune version fasse autorité sur les autres.
Nous n'en servons aucune. Une liste qui change d'un exemplaire à l'autre n'est pas une donnée de référence, et en donner une sans dire laquelle serait trancher en silence.
Au-delà des cercles polaires
Les sources ont été écrites sous des latitudes où le Soleil se lève tous les jours. Aucune ne dit ce qu'il faut faire quand il ne se lève pas, ou quand il ne se couche plus : la question ne se posait pas.
Nous ne découpons rien quand il n'y a rien à découper, et nous disons lequel des deux cas nous avons rencontré. Deux fois l'an il existe même un jour qui se lève, se couche, et dont le lendemain ne se lève plus : sa nuit n'a pas de fin observable, et le tableau le signale au lieu de la fermer sur une heure inventée.

Ce que nous en faisons

Rien, dans les lectures que vend ce site, n'est daté par l'heure planétaire. Le thème natal se lit sur le ciel d'une naissance, les transits sur le ciel du jour, la lecture d'année sur la profection et les firdaria. Ajouter l'heure planétaire par-dessus ne dirait pas une chose de plus : cela poserait un second découpage sur un ciel qui en a déjà un.

Cette page existe pour une autre raison : l'heure planétaire est la technique ancienne qu'on rencontre partout, dans les almanachs, dans l'astrologie horaire, dans les grimoires, et presque jamais avec sa source. William Lilly, en 1647, s'en sert pour contrôler une question horaire : si le seigneur de l'heure et l'Ascendant ne s'accordent pas, il se méfie de la question. Savoir d'où cela vient vaut mieux que recopier une table.

Un fil relie tout de même cette table au reste du site. La même roue des sept, prise à un autre départ, gouverne les faces du zodiaque de dix degrés en dix degrés, à partir de Mars au premier degré du Bélier. Tu la retrouves colonne par colonne dans la table des dignités. Table des dignités essentielles →

Et ton ciel de naissance ?

Les heures se comptent de la même façon pour tout le monde au même endroit. Ton thème, lui, n'appartient qu'à ta date, ton heure et ton lieu.

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